Mangez des pommes ! Ça fait pousser les neurones…

Fillette avec une pomme sur la tête
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Dans une série d’expériences in vitro et in vivo, deux "phytonutriments" des pommes ont accru la multiplication et la survie des neurones, notamment dans une région cérébrale clé pour l’apprentissage et la mémoire. Ces phytonutriments agiraient en régulant l’expression de certains gènes.

 

Ce phénomène relève de l’« épigénétique »* qui désigne l’impact de l'alimentation, de notre mode de vie et de notre environnement sur l'expression ou non de nos gènes. Dans le cas présent, il se traduirait par une augmentation de la production d’antioxydants par nos cellules. 

 

Notre alimentation modifie l'expression de nos gènes et le renouvellement de nos cellules

 

Les antioxydants luttent contre l’oxydation cellulaire contribuant au vieillissement de notre corps. Les cellules touchées par l’oxydation se régénèrent moins vite ou sont plus fragiles, et notre corps « se rouille » peu à peu. Afin de limiter les sources d’oxydants et accroitre les apports en antioxydants, il est possible d'adapter notre comportement alimentaire à nos besoins.

 

Deux phytonutriments aux pouvoirs antioxydants : la quercétine et l’acide dihydroxybenzoïque

Souris mangeant des pommes
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En ce qui concerne notre cerveau, l'oxydation freine la croissance et la prolifération des neurones. A l’inverse, les antioxydants jouent un rôle protecteur permettant d’accélérer la multiplication et d’allonger la survie des neurones

 

Les pommes sont riches en deux phytonutriments antioxydants : la quercétine (un flavonoïde, abondant dans la peau du fruit) et l’acide dihydroxybenzoïque (DHBA, plutôt présent dans la chair). En éprouvette, ces composés ont augmenté la prolifération neuronale à partir de cellules souches et ont favorisé la longévité des cellules nerveuses. Administrés à des souris, ils ont eu le même effet au sein de l’hippocampe, une région cérébrale clé pour l’apprentissage et la mémoire.

 

Deux façons d'obtenir l'apport micronutritionnel souhaité : les fruits et/ou les compléments alimentaires

Il est cependant inutile de boire des litres de jus de pommes car les concentrations des phytonutriments bénéfiques, notamment la quercétine, apparaissent trop faibles dans la boisson. En revanche, vous trouverez de la quercétine dans certains compléments alimentaires : ceci palie la difficulté d’apporter à notre corps des flavonoïdes en quantité conséquente en mangeant des pommes ou d’autres fruits (tels que les myrtilles) riches en flavonoïdes.

 

Femme hésitant entre une pomme et des pillules
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Faut-il pour autant délaisser les pommes ou fruits rouges au profit de compléments alimentaires ? Certes, non ! Une alimentation équilibrée et diversifiée est essentielle et mieux vaut éviter de trop privilégier certains apports au détriment d’autres. En mettant de la couleur dans notre assiette tel un arc-en-ciel, nous allons naturellement diversifier les apports micronutritionnels et mieux répondre à nos besoins !

 

A la tête de l’équipe internationale du Centre allemand pour les maladies neurodégénératives qui a mené l’étude, Gerd Kempermann insiste d’ailleurs sur la multiplicité des voies par lesquelles l’alimentation agit sur le développement des neurones :

« Traditionnellement, les gens se sont concentrés sur les fonctions antioxydantes, mais il y a bien plus de mécanismes en jeu. »

 

Une prise en charge individualisée tenant compte des besoins de la personne et de la complexité des mécanismes en jeu

Médecine proposant une pomme
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En effet, ces mécanismes sont complexes et tout est interdépendant. L’action d’un micronutriment dépendra de divers facteurs comme la qualité/quantité de notre microbiote, la capacité d’absorption de notre paroi intestinale, notre capacité génétique à plus ou moins bien métaboliser, etc. C’est pourquoi il est préférable d’être accompagné par un professionnel qui saura évaluer vos besoins et vous offrir une prise en charge globale prenant en compte vos difficultés de changement de comportement alimentaire.

 

Si ce n’est pas encore votre cas, n'hésitez pas à me contacter ou à commencer par mettre en pratique le dicton anglais : « An apple a day keeps the doctor away » (« Une pomme par jour éloigne le médecin »)…

 

*Nous avions déjà évoqué la question de l’épigénétique dans un précédent article (https://www.lapsychonutrition.fr/covid-doper-systeme-immunitaire).

Cet article a été co-écrit avec Céline Butin, communicante et experte de l'ANC et s'appuie sur les éléments publiés dans la revue "Pour la science" : https://www.pourlascience.fr/theme/les-neurones-miroir/mangez-des-pommes-ca-fait-pousser-les-neurones-21444.php